Ça fait maintenant deux semaines que moi et huit de mes compagnons nous étions inscrits pour aller au parc de Shidu, à deux heures de Pékin, pour y faire des activités. Et une en particulier que je n’aurais JAMAIS fait si on ne me l’avait pas proposé avec l’école : le saut à l’élastique ! Du coup pendant deux semaines je n’ai pas arrêté de psychoter, de faire les cents pas dans ma tête à me demander si j’y allais ou pas, à regarder des vidéos pour savoir à quoi ça ressemblait… Mais finalement j’ai maintenu ma candidature ! Pourtant le moral n’y était pas trop puisque depuis quelques jours j’enchainais les gaffes avec mes colocs et la veille le cœur n’était vraiment pas à la fête, j’avais plus envie de me réfugier six pieds sous terre…

wp_ss_20170318_0001

wp_ss_20170318_0003

wp_ss_20170318_0004

wp_ss_20170318_0005

Pour remettre dans le contexte, j’avais fait des pâtes avec des amies et ne trouvant rien pour accompagner j’avais utilisé un pot de sauce tomate…
Traduction jour 1
R : Vous avez utilisé ma sauce ?
C : La tomate-fromage ?
R : Oui
C : Oui…
C : Au fait, on va peindre ta poterie (on avait fait des poteries la semaine précédente)
R : A l’avenir, demande-moi au moins avant d’utiliser ce qui m’appartient.
R : Et ne peignez pas la mienne
R : Laissez l’atelier le faire
C : Ok, on va la laisser
C : Si tu veux je peux en acheter une autre au retour (de sauce)
R : J’y jetterai un œil plus tard (à la poterie)
R : Ils n’en ont pas toujours des comme ça et quand c’est le cas elles sont très chères
C : J’ai assez d’argent pour ça et c’est la moins que je puisse faire pour me racheter
R : Je t’en parlerai
Jour 2
D : Qui a bu mon lait ???
C : Je
R : Pas je
C : Je voulais écrire une phrase entière mais au final on a discuté
D : Oui tout a été clarifié
C : Mais j’ai juste envie de dire que je n’ai pas eu l’intention d’être impolie, c’est juste que pour moi chacun pouvait prendre ce qu’il voulait et ça ne m’a pas traversé l’esprit qu’il y avait des «propriétés». Donc je ferai plus attention et je serai plus respectueuse à l’avenir 😊
C : S’il-vous-plaît ne me détestez pas 😃
R : Ça va. On pourrait peut-être avec une petite discussion pour mettre les choses au point et ne plus avoir à s’inquiéter de malentendus ?
C : Oui, faisons ça demain si vous voulez 😊 quand je serai rentrée du saut à l’élastique.
R : Vous y allez tous les deux ! Je serai tout seul ☹
R : Faites en sorte d’enquiquiner Hope pour moi
C : Oh Dilly saute lui aussi ? 😃
R : Il me semblait ?
C : Je ne pense pas qu’elle le fasse, à mon avis elle va juste visiter le pont de verre avec les autres (elle m’a dit qu’on était que trois à sauter)
R : Je veux dire sur le trajet et au retour. Saoulez-la sans arrêt
C : Compris !
D : Ouais, je vais sauter
D : Je vais probablement me dégonfler avant 😝
R : Carpe diem
C : En fait je suis de plus en plus paniquée  ^^ mais j’ai vu des vidéos et ça avait l’air sympa
R : Dis-toi juste qu’à chaque fois qu’on te demandera comment était la Chine, tu pourras répondre que ça t’a fait sauter d’une falaise !
D : C’est pas mal 😃
C : Je veux juste ne pas être la dernière à sauter de cette falaise (hmm hmm) et voir tout le monde tomber avant moi…
R : Alors vas-y la première et fais-les tous suivre la Française
C : Avec un drapeau blanc* au cas où je capitulerais ^_^
R : Oh oh oui, tu devrais amener un drapeau blanc*
R : Pour leur faire passer un sale moment
C : Oui, apparemment je suis douée pour ça 😃
R : C’est assez drôle en fait
J'ai pas mis toutes les photos parce que ça servirait pas à grand chose...

Bref j’ai réussi à calmer la situation comme une pro ! Et le lendemain à 9h, nous sommes partis pour le parc… par une belle journée ensoleillée…

                                                                WP_20170319_10_01_32_Pro

Enfin arrivés nous, braves guerriers, nous sommes dirigés vers un bateau qui allait nous mener du côté de la plate-forme où nous ferons face à notre destin ! En haut nous signons une décharge affirmant que nous sommes conscients que si quelque chose se passe mal, on n’avait qu’à pas venir (parce qu’il faut quand même pas être fini pour se jeter dans le vide comme ça), puis, après s’être fait inscrire un code avec notre ordre de passage, nous nous dirigeons vers les bancs ou notre équipement sera vérifié. D’ailleurs en parlant de l’ordre de passage, on aura tout eu. Au départ, nous nous sommes mis d’accord pour faire :
1 : Moi
2 : Dilly
3 : Julianna
Puis arrivé à l’inscription, on s’est retrouvé avec
1 : Julianna
2 : Moi
3 : Dilly
Et comme ils n’en ont rien eu à foutre de l’ordre inscrit sur nos mains, ce sera
1 : Julianna
2 : Dilly
3 : Moi
Donc on se retrouve tous les trois séparés en deux groupes (moi et Dilly d’un côté et Juli de l’autre). Un animateur essaie désespérément de détendre l’atmosphère mais rien à faire, on reste tendu comme des élastiques (haha). En plus il parlait chinois donc on comprenait pas grand-chose… Juli passe en premier et disparait dans un petit cri, puis Dilly la rejoint sans un bruit (pas un seul gémissement, rien), un chinois saute dans le groupe d’en face puis c’est à mon tour… L’animateur me demande mes derniers mots, je dis dans le micro que je rejoindrai bientôt mes chers camarades tombés au combat et que vraiment, c’est dégueulasse de me faire passer en dernier… Puis je me lève et un autre homme m’attache l’élastique aux pieds (on avait des sangles aux chevilles) et me fait avancer sur le tremplin, me met les pieds au bon endroit et je m’efforce de ne pas regarder en bas mais aussi douée sois-je pour m’auto convaincre que tout va bien se passer, c’est pas évident d’ignorer 63 mètres de vide… Donc je regarde le plus loin possible et j’entends les fatidiques « 3, 2, 1 » qui annonce que le gars derrière moi va me pousser et je sens une petite pression sur mes épaules, juste assez pour me faire lentement basculer vers le vide. Et là j’ai l’ultime réflexe de survie qui me pousse à m’accrocher à quelque chose (en l’occurrence, rien) avant de renoncer et de chuter. Et il me semble que j’ai pas crié tout de suite, c’est seulement quand j’ai vu l’eau se rapprocher dangereusement que je me suis rendu compte de ma folie. Et au bout de quelque secondes je sens l’élastique se tendre et mon dos craquer sous le choc avant de remonter tellement haut que je pouvais presque toucher la plate-forme d’où j’avais sauté. Après peut-être une minutes un bateau de secours en dessous de nous me tend une perche pour me ramener à lui et me libérer de mes liens. J’y fais la connaissance du Chinois qui avait sauté avant moi et nous sommes bientôt rejoints par une femme, chinoise elle aussi. En fait quand on m’a étendue sur le bateau pour m’enlever l’élastique des pieds j’ai été incapable de me lever. Pendant peut-être trois secondes je suis resté inerte, incapable de me redresser sous le regard amusé de mes deux partenaires de galère. Après avoir repêché tout le monde, nous sommes retournés auprès des autres élèves qui m’attendaient avec impatience afin de m’acclamer comme il se doit ! Et nous sommes allés sur un pont de verre, moins impressionnant que celui de Lyanmaqiao mais quand même sympa à visiter.
Voilà, après ça je n’avais plus aucune énergie, on était tous les trois un peu crevés et ahuris mais on se sentait quand même bien vivant ! La prochaine fois je pense que je ferai juste un petit récapitulatif des activités proposées par l’école jusque là.

WP_20170319_12_32_16_Pro

WeChatImage636255505137169827
Les survivantes ! Dilly a survécu lui aussi, il est d'ailleurs par un formidable hasard juste derrière nous ^^

Instant Clempédia
(essayez de jouer le jeu en lisant le texte façon Stéphane Bern)
https://www.youtube.com/watch?v=ADXEyH4ljD8

Le drapeau blanc est un cliché des étrangers sur les Français. Il trouverait ses origines dans la capitulation de la France face à l'Allemagne en 1940 mais certains affirment qu'il viendrait en fait du refus de Jacques Chirac d'aller faire la guerre en Irak, agaçant furieusement les Américains. Ce cliché décrit les Français commes des lâches, prêts à se rendre à la moindre menace, d'où le drapeau blanc, signe de capitulation, qui est également, comme vous le savez, l'une des couleurs de notre drapeau. Raison pour laquelle Brian (dont vous connaissez à présent le vrai prénom, Robert) est très enthousiaste à l'idée que je me promène avec cet étendard.