C’est bon, c’est enfin l’heure d’écrire un nouveau chapitre 😃 Et j’ai pas mal de choses à dire car ces dernières semaines ont été assez chargées en rebondissements. A commencer par le lendemain de mon retour de Shanghai où nous sommes allés avec Hope, mes deux colocataires et une amie, dans un parc animalier en périphérie de Pékin. Le temps n’était pas au rendez-vous mais la journée a tout de même été très agréable et sympathique, du moins de mon point de vue. Car il y en a un qui n’a pas eu l’air d’être d’accord ; c’est Robert. Déjà j’avais remarqué qu’il n’avait pas l’air très content (même s’il a toujours un visage fermé, quelque chose nous a fait nous rendre compte que quelque chose n’allait pas) et pressé de partir. Alors quand nous sommes rentrés, alors qu’on devait diner tous ensemble dans un restaurant, il a refusé en prétendant avoir des choses à faire. Mais quelques minutes plus tard il demande sur le groupe Wechat de l’appartement si quelqu’un ne voudrait pas son purificateur d’air et nous annonce qu’il fait sa valise et qu’il part le lendemain ! Et là c’était l’incompréhension la plus totale ! On envoie tous des messages aux autres pour leur annoncer la nouvelle, on n’en revient pas, et je lis sur le portable de Hope (qui était en conversation privée avec Robert… Oui je lis les conversations des gens, c’est un reflex, mes yeux sont attirés par les portables, surtout quand il y a une discussion…) qu’il lui dit que cette journée était « de la merde » et que ça rendait son départ moins difficile. Et même si je ne me suis pas sentie visée (je vois pas ce qu’on aurait eu à se reprocher) c’est quand même pas agréable de lire qu’une journée avec nous était de la merde. Mais peu importe, on décide tous d’ignorer ses remarques et le diner se passe bien. En rentrant on se rend compte que la valise de Robert est juste devant sa porte, prête pour le départ du lendemain. Et ledit lendemain je vais en cours comme d’habitude et je me rends compte que ma classe s’est agrandie de trois nouveaux élèves (dont une fille que j’avais déjà rencontrée bien avant mais qui était dans une autre classe) ce qui fait passer notre effectif de trois à six élèves. Et que je ne suis enfin plus la seule fille de la classe, je vais enfin pouvoir parler mode et maquillage (LA BLAGUE) ! Mais plus sérieusement ils sont tous très sympa et on a probablement la classe la plus diversifiée de l’école : une Française (moi !!), un Colombien, un Suisse, une Allemande, une Anglaise et un Italien 😊 Et en rentrant je vois que la valise n’est plus là et que donc Robert est surement déjà à l’aéroport… Et en fait juste à ce moment pile je reçois un message de sa part disant qu’il a changé d’avis et qu’il se laisse une semaine pour réfléchir…. Alors, je veux bien mais du coup on n’aura pas de purificateur d’air ?! Et je pourrais pas squatter sa chambre (qui est la plus grande d’ailleurs) ?! Suivi d’un « J’ai été en quelque sorte un con comme coloc. Désolé ». Et du coup je me calme. Parce que c’est vrai que sans être un con c’était pas le plus facile à vivre de la chambre 404 ^^ Pour donner une idée, ce genre de plan, c’est une fois toutes les deux semaines environ. Mais d’un autre côté je me dis que ça ajoute de l’inattendu au séjour puisque du jour au lendemain il peut disparaitre. Voilà, ça c’était la partie crise de l’histoire mais c’est pas ce dont je voulais parler à l’origine. D’ailleurs ce dont je vais parler n’est même pas ce que j’avais prévu non plus, je le réserve pour la prochaine fois 😊 Aujourd’hui je me disais que ce serait sympa de partager avec vous les joies d’apprendre le chinois ! 😃 Je vais pas faire de cours mais juste expliquer les différences entre le chinois et le français que j’ai pu observer en deux mois et demi. Du coup vous pouvez imaginer ça comme une espèce de super Instant Clempédia (je vous laisse vous débrouiller pour trouver une musique de fond cette fois). Et je vais mettre le lien d’une vidéo qui résume ça de façon plus ludique et qui m’a donné l’idée de faire ce petit passage 😊 Si vous ne pouvez ou ne voulez pas la regarder ça ne vous empêchera en rien de comprendre ce qui va suivre.

 

 

La première différence majeure c’est que la grammaire est très simplifiée. Si on met de côté le fait qu’il faille apprendre le vocabulaire depuis les bases puisqu’autant l’anglais, l’espagnol, l’allemand ont des sonorités et racines communes avec le français, autant ici on part de zéro. Le seul mot qui je trouve ressemble un peu à l’anglais c’est « donc » : suǒyǐ, parce que ça ressemble au « donc » anglais : so et du coup c’est simple à retenir. Tout le reste n’a aucun point commun avec le français. De même, le féminin, masculin, pluriel, singulier n’existe pas. Tout est au masculin singulier. Par exemple au lieu de dire « des chevaux », ils disent « des cheval » parce qu’après tout « des » indique déjà qu’il y en a plusieurs alors pourquoi mettre « cheval » au pluriel (et ça marche aussi pour les adjectifs) ? Pour le féminin ils ajoutent le mot « nǚ » qui signifie « femelle » et qui indique le genre. Pour reprendre l’exemple des chevaux, ce ne sont pas « des juments blanches » mais « des blanc cheval femelle ». Et par extension « un homme et une femme » se dit « un humain mâle et un humain femelle ». La conjugaison non plus n’existe pas. En tout cas pas sous la même forme. Le verbe reste toujours à l’indicatif mais selon que l’action est achevée, en train de se faire et dure longtemps, faite en ce moment même…. Des mots vont être ajoutés (« le », « shi…de », « zhengzài », « jiù/cài »…) pour indiquer où en est l’action. C’est beaucoup plus compliqué que l’histoire de masculin singulier mais plus on le répète plus ça entre jusqu’à devenir une habitude. En gros l’odre des mots en chinois c’est : temps + sujet + lieu + verbe + objet. Du coup « J’ai mangé des pommes chez moi à midi » devient « Midi je chez moi manger des pomme ». Il y a aussi des différences culturelles qui se retrouvent dans la langue. En France (et en Occident de manière générale) quand une personne fait un compliment il est bien vu de la remercier pour lui montrer de l’appréciation et de la reconnaissance. En Chine remercier quand on reçoit un compliment est considéré comme de l’orgueil et de la vantardise. Moi comme j’oublie tout le temps la formule je dis merci mais comme je suis évidemment étrangère et que ça s’entend que je ne parle pas chinois les gens ne sont pas agacés par ça (en tout cas c’est ce que me disent mes profs et j’espère qu’ils ont raison…). Mais un Chinois va répondre à un compliment en l’atténuant, en disant « mais non voyons, j’ai encore beaucoup à apprendre, je suis loin d’être doué » ce genre de chose. Et il y a aussi les différents accents qui sont très distincts. Par exemple à Pékin les gens (enfin les gens… les chauffeurs de taxi qui sont incompréhensibles) adorent finir leurs mots par « er (儿) » qui se prononce comme « are » en anglais. Juste en face de mon école se trouve une place commerciale qui s’appelle Sanlitun (ça se prononce comme vous pensez) mais avec l’accent ça devient « Sanlitun’r » et ça se prononce « Sanlituwr ». Dans le sud non. Pour donner un meilleur example, ici/là se dit zhè’r/nà’r à Pékin et zhèlǐ/nàlǐ à Shanghai. Et vous aurez deviné quel accent je préfère… 儿 pour la vie !
L’écrit est aussi très intéressant… Je déteste ça mais c’est très intéressant même si j’ai très peu de choses à dire dessus… En fait une fois qu’on maitrise les caractères de base ça devient plus simple puisqu’on se met à remarquer des paternes (chaque caractère relatif à une personne commence par la même « clef », pareil pour ceux relatifs aux animaux, à la nourriture…) et du coup on peut presque deviner ce qu’ils signifient. Le seul problème quand l’écrit n’est que calligraphique c’est que pour un chinois moderne, il est presque impossible de comprendre des caractères de vieilles tapisseries ou gravures car d’abords certains ont été modifiés depuis (d'ailleurs pour ceux qui ont vu la vidéo, le dessin du cheval est celui qu'on trouve à Taiwan, qui a gardé les cractères traditionnaux. Celui actuel est beaucoup plus simple ^^), et ensuite même si le chinois courant ne compte « que » 4000 caractères, il en existe en tout plus de 80000. Et c’est pas comme pour nous où si j’écris marmotter, callipyge et borborygme vous ne savez peut-être pas ce que ça veut dire mais vous pouvez le lire, savoir comment ça se prononce… En chinois un caractère inconnu c’est rien. Donc lire un très vieux texte ressemble à essayer de lire un texte à trous où les mots importants sont les trous.

Et voilà c’est fini pour cette fois. Honnêtement ça fait trois jours que j’aurais dû m’y mettre et que soit j’avais pas le temps comme hier, soit j’avais pas la motivation, mais ça y est c’est pondu et la prochaine fois sera aussi un peu spéciale parce que je ne vais pas parler de mes expériences en Chine mais je vous en présenterai les protagonistes. Les personnages secondaires de mon récit qui dure depuis déjà deux mois et demi et auquel il ne reste qu’un mois 😊